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Origami est le nom japonais donné à l'art du papier plié. Il est composé de deux mots japonais : oru, qui signifie plier, et kami, qui signifie papier. En combinant ces deux mots, on obtient « origami », un terme utilisé partout dans le monde pour désigner l'art de plier du papier. L'objet obtenu par le pliage du papier est appelé une figure. La méthode utilisée pour plier le papier et produire une figure s'appelle modèle et le plan contenant les directives de pliage est constitué d'un ensemble de diagrammes. Les personnes qui pratiquent l'origami sont des plieurs de papier ou origamistes. |
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Certains croient que l'origami est apparu il y a environ 2000 ans en Chine, soit peu après que Ts'ai Lun ait inventé le papier, en 105 après Jésus-Christ. Cette affirmation est probablement inexacte, car elle n'est fondée que sur une simple conjecture et qu'aucun document historique ne témoigne de la pratique de l'origami en Chine à cette époque. À l'origine, le caractère chinois pour le papier, zhi, désignait un support d'écriture fait de soie. Au Japon, le mot kami était utilisé pour décrire du bouleau, des rubans de bois ou du bambou, tous des matériaux constituant des supports d'écriture, ce qui laisse penser que le papier était utilisé pour écrire et non pour être plié. Le papier, et du même coup le pliage du papier, a été introduit au Japon vers la fin du sixième siècle par des moins bouddhistes. Les historiens ne s'entendent pas sur l'origine de l'origami, mais quoi qu'il en soit, le Japon est identifié comme le pays ayant le plus contribué au développement de l'origami, l'art ancien et traditionnel du papier plié. Pendant longtemps, les Japonais ont transmis leurs modèles par tradition orale, les modèles ludiques passant de mères en filles. Rien n'a jamais été consigné par écrit; c'est pourquoi seuls les modèles les plus simples ont été conservés. Les premières directives écrites sont apparues en 1797 dans un ouvrage intitulé Senbazuru Orikata (Comment plier mille grues). Une partie de l'ouvrage nommé Kayaragusa (aussi connu sous le nom Kan no mado, ou Fenêtre pour saison froide), une encyclopédie sur la culture japonaise publiée en 1845, comprend une importante collection de pliages traditionnels japonais. Le terme origami a été inventé en 1880 à partir des mots oru (plier) et kami (papier). Avant cette date, cet art se nommait orikata (formes pliées). |
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À l'époque, au Japon, le papier était un matériau coûteux et, bien que la pratique de l'origami touchait de nombreux aspects de la vie, elle était généralement limitée à des usages cérémoniels et souvent intégrée à des cérémonies de la religion Shinto. Depuis plusieurs siècles, un grand nombre de modèles sont demeurés inchangés et sont toujours utilisés de nos jours lors de cérémonies shintoïstes. |
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Le plus ancien document mentionnant la pratique de l'origami est un court poème composé par Ihara Saikaku en 1680. En voici un extrait : Rosei-ga yume-no cho-wa orisue (Les papillons des rêves de Rosei seraient des origamis.) La figure origami citée dans ce poème est appelée Ocho Mecho (papillons mâles et femelles), et Saikaku l'a nommée « orisue ». Cette figure est utilisée pour emballer les bouteilles de saké lors des cérémonies de mariage. Le Noshi constitue un autre exemple d'origami cérémoniel. Selon l'ouvrage de Ise Sadatake, « Tsutsumi-no Ki » (1764), de telles figures d'origami sont apparues durant la période Muromachi. Des figures origamis plus familières, appelées origamis ludiques, comme l'Orizuru et le Yakko-san, sont reproduites sous forme de ukiyoe, ou dessins, sur les kimonos depuis le 18ème siècle. La distinction entre l'origami cérémoniel et l'origami ludique semble s'être effacée vers la période Edo. Plusieurs caractéristiques particulières marquent l'origami japonais classique : le papier est plié sous différentes formes et comprend bon nombre de découpages, l'utilisation de pliures sans point de repère est prédominante et le modèle dépend de la qualité du papier fait main, le washi. Pour produire une figure colorée, on utilisait des feuilles de papier de différentes couleurs ou on peignait le papier. |
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Dans l'Angleterre victorienne, le pliage du papier devient un passe-temps très populaire auprès des enfants. En outre, dans le célèbre roman de Lewis Caroll, De l'autre côté du miroir, l'illustrateur John Tenniel y dessine deux chapeaux en papier simple, l'un ayant la forme d'une boîte à pilules, l'autre un tricorne ayant la forme d'un bateau. Au milieu du XIXème siècle, Friedrich Fröbel crée les jardins d'enfants, et le pliage du papier fait partie intégrante de son programme d'éducation ludique. Le style de pliage de Fröbel repose sur trois principes : la vie, la beauté et la connaissance. La vie s'exprime dans des formes classiques comme des oiseaux et des objets simples, la beauté, dans des modèles décoratifs utilisant la base de blintz, et la connaissance, par l'utilisation de techniques géométriques de pliage fondées sur les mathématiques. |
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Vers la fin du XIXème siècle, le Japon adopte le système d'éducation européen, qui englobe la pédagogie du jardin d'enfants. Appelé papierfalten en allemand, paperfolding en anglais et papier plié en français, le terme est traduit de nombreuses manières en japonais, mais Origami, terme utilisé pour le pliage du papier dans les écoles primaires, devient le nom prépondérant et celui qui sera adopté en Europe dans les années 1950. La variante européenne se distingue nettement de la technique japonaise. Outre les plis plus larges et l'utilisation de papier rectangulaire plus épais et plus difficile à déchirer que le papier japonais washi, les découpages ou les pliures sans point de repère ne sont pas utilisés. À l'école, on enseigne ces techniques aux enfants, mais de retour à la maison ceux-ci y intègrent les techniques classiques japonaises. C'est cette forme hybride qui constitue aujourd'hui l'origami traditionnel. Les figures origamis traditionnelles passent de génération en génération, sans aucune norme explicite, ouvrant la porte à l'improvisation et à la personnalisation des techniques et contribuant à la création de nouvelles figures à partir des plus anciennes. Au cours du XXème siècle, trois nouvelles techniques de pliage voient le jour : les techniques modernes, mathématiques et artistiques. |
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Ce qui distingue l'origami moderne, créé au XXème siècle, de son prédécesseur l'origami classique est l'utilisation de modèles qui permettent la reproduction exacte des figures. Le plieur, ou origamiste, suit une série de directives représentées sous forme de dessins appelés « diagrammes », en utilisant une méthode de pliage appelée « modèle ». Le résultat final, soit la réplique, est connu sous le nom de « figure ». Uchiyama Koko est considéré comme l'inventeur de l'origami moderne puisqu'il est le premier à faire breveter ses figures, mais d'autres artistes contribuent aussi grandement au mouvement. Parmi ceux-ci, on trouve Yoshizawa Akira qui, en 1950, publie des livres présentant de nouvelles figures, et l'Américain Sam Randlett, qui crée les symboles de diagrammes encore utilisés de nos jours dans le monde entier. L'un des principes de base de l'origami moderne veut que tous les modèles soient créés à partir d'une seule feuille de papier de forme carrée. La feuille est pliée, mais ne peut être ni découpée ni collée. Les expositions internationales d'origami ont permis de mieux faire connaître cet art et ont donné naissance à diverses organisations et associations d'origami. |
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Bien que l'origami connaissent divers changements au XXème siècle, il préserve toutefois son côté artistique et cérémoniel. Yoshizawa Akira, qui a tracé la voie à l'origami artistique tel que nous le connaissons aujourd'hui, a démontré que l'origami, comme toute autre forme d'art, permet d'exprimer des émotions et est par conséquent un art vivant. C'est d'ailleurs ce qui distingue l'origami moderne de l'origami artistique, qui n'a pas pour but la reproduction des figures. Lors de la création, les artistes doivent prendre en considération plusieurs facteurs tels que le type de papier, sa taille, son épaisseur, sa couleur, son design et sa texture. Certains artistes fabriquent même leur propre papier et emploient diverses techniques de préparation pour créer leurs oeuvres. Le papier mouillé de Yoshizawa Akira en est un exemple. Ce dernier humidifie son papier avant de le plier, ce qui lui permet de donner de la dimension et des courbes plus douces à ses oeuvres. En 1960, l'artiste Uchiyama Koko explore l'art abstrait dans ses figures qu'il crée à partir de la technique de pliage Kamon-ori, ou technique de pliage en forme de fleur, et pour lesquelles il utilise plusieurs feuilles de washi superposées qu'il teint lui-même. L'origami, cette combinaison d'art et de science, offre d'infinies possibilités d'expression. L'origami mathématique quant à lui, met d'avantage l'accent sur les formes géométriques et les calculs mathématiques sous-jacents aux pliages de base que sur le côté artistique lui-même. La perspective mathématique représente l'origami comme un casse-tête dont l'objectif est de créer la figure la plus complexe et la plus réaliste possible à partir d'une seule feuille de papier carrée, sans la découper ni la coller. L'accent est mis non seulement sur la forme finale et la séquence, mais également sur les plis. Contrairement à l'origami artistique, les plis et les séquences sont régis par des lois géométriques et mathématiques plutôt que par l'expression créatrice. Ces lois et théories entourant la création et les séquences de pliage permettent d'obtenir un point, une ligne ou une série de pliages dans un carré. La convergence de l'art et de la science qu'est l'origami a donné lieu à des applications plus pratiques, allant du coussin de sécurité gonflable au télescope spatial. De même, la géométrie propre aux plis peut aider les urbanistes à mettre au point des systèmes de métro plus efficaces. En somme, la technique de l'origami peut être appliquée à diverses facettes de notre vie quotidienne. |
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Ce qui était à l'origine une forme d'art et d'expression culturelle trouve maintenant des applications pratiques dans plusieurs domaines. En astronomie, l'origami offre aux scientifiques un moyen nouveau de développer la technologie. Par exemple, des ingénieurs du Lawrence Livermore National Laboratory en Californie mettent présentement au point un énorme télescope plat à partir d'une simple feuille mince, qui, lorsque déployé, sera aussi grand qu'un terrain de football. À l'heure actuelle, le seul moyen d'envoyer des télescopes dans l'espace, c'est d'utiliser des fusées mesurant moins de cinq mètres de diamètre. Grâce à l'origami, les scientifiques découvrent des méthodes de pliage qui permettent d'éviter des plis trop prononcés qui pourraient nuire à l'intégrité optique de la lentille. Une de ses conceptions fonctionnelles est similaire aux propriétés d'un parapluie pliant. |
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Mais les applications technologiques possibles de l'origami ne s'arrêtent pas là. Dans le domaine de la robotique, les techniques de pliage de l'origami permettent aux scientifiques d'évaluer les capacités tactiles d'un robot, tout comme les échecs leur permettent de déterminer son intelligence. Contrairement aux humains, les robots doivent être programmés pour comprendre les propriétés physiques du papier, du pliage le plus facile au plus complexe. Tandis que les robots n'ont aucun problème à manipuler des objets durs comme une barre de métal, ils ont du mal à manipuler des objets flexibles comme les tissus humains pour lesquels sont présentement utilisés les robots chirurgicaux. Le papier constitue donc la matière idéale pour tester et améliorer la sensibilité et la dextérité d'un robot. L'origami a également trouvé son utilité en informatique. En effet, les figures, diagrammes et modèles peuvent maintenant être créés à partir de programmes informatiques plutôt que de vrai papier. En origami informatique, l'ordinateur peut déterminer s'il est possible d'obtenir une certaine figure par pliage et fournir des directives détaillées pour la réaliser. De la même façon que les scientifiques utilisent l'origami pour calibrer la sensibilité d'un robot, les ergothérapeutes l'utilisent pour mesurer le progrès de la réadaptation d'un patient ayant subi de blessures nuisant à la motricité de la main. De plus, les patients trouvent l'origami amusant, créatif et comme toutes les formes d'art, source de gratification immédiate. Les exercices d'origami présentent deux autres avantages pour les ergothérapeutes : ils ne requièrent aucune supervision et ils ne font appel à aucun appareil coûteux ou encombrant; une seule feuille de papier suffit. Et les ergothérapeutes ne sont pas les seuls à pouvoir mesurer les progrès de la réadaptation d'un patient, le patient peut constater lui-même sa progression, puisqu'il commence par des modèles simples qui deviennent de plus en plus complexes. L'origami s'est aussi révélé utile dans le secteur de la santé mentale pour accroître la concentration et les habiletés en communications interpersonnelles. Lorsque l'origami est utilisé dans un groupe, les gens s'entraident pour comprendre les directives et réaliser le pliage dans le but d'atteindre un objectif commun. C'est au plan du niveau d'intelligence, de la compréhension des formes et de l'espace ainsi que de la mémoire visuelle que les personnes atteintes d'un handicap mental éprouvent les plus grandes difficultés. En utilisant différentes formes, couleurs et types de mouvements, l'origami touche à toutes ces difficultés et constitue une activité complète et adaptable aux besoins de chaque patient. L'origami favorise en outre l'écoute et le suivi de directives, et accroît la confiance en soi par la création et la réalisation, puisque le patient demeure motivé. Dans le monde de la thérapie, les psychologues, infirmières, thérapeutes pour enfants, ergothérapeutes, art thérapeutes, professeurs, orthophonistes et autres professionnels utilisent tous l'origami pour ses précieux bienfaits. De l'art à la science, en passant par la thérapie, l'origami trouve son utilité dans bien des domaines. L'origami peut être fait n'importe où. Il suffit d'une feuille de papier et d'un peu de créativité pour laisser libre cours à son imagination. |
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